ravalement de façade Saint-Paul-Cap-de-Joux
Saint-Paul-Cap-de-Joux doit son nom à sa position : le bourg s'est établi à un point de passage sur l'Agout. Cette proximité de la rivière, qui a fait la commune, est aussi ce qui use ses façades — et le phénomène ne s'attaque pas au mur là où on regarde d'ordinaire, mais au premier mètre en partant du sol.
Le premier mètre décide du reste
Sur une maison de bord de rivière, l'humidité arrive par trois chemins différents, et tous convergent vers le bas du mur.
- Par le sol, en remontée capillaire, d'autant plus forte que la nappe est proche de la surface dans la plaine alluviale.
- Par rejaillissement : la pluie qui frappe le trottoir rebondit et vient mouiller le mur jusqu'à quarante ou cinquante centimètres de haut, plusieurs fois par an.
- Par l'air, enfin, avec ces brouillards qui maintiennent une hygrométrie élevée une bonne partie de l'hiver et empêchent le mur de sécher entre deux épisodes.
La conséquence est visible partout dans le bourg : des façades en bon état à hauteur d'homme et au-dessus, mais dont le pied s'effrite, verdit ou cloque. Ravaler uniquement la partie haute, comme le propose parfois un devis rapide, revient à repeindre le pont d'un bateau qui prend l'eau par la coque.
Le soubassement se traite à part
La bonne réponse n'est pas de mettre partout le même enduit, mais de reconnaître que le bas du mur est une zone à part entière, avec ses propres exigences.
Concrètement, on prévoit un soubassement distinct sur soixante à quatre-vingts centimètres : enduit d'assainissement macroporeux, teinte plus soutenue qui masque les inévitables traces, et arrêt franc marqué par un léger décrochement ou un simple filet. Ce dessin n'est pas décoratif, il est fonctionnel — il permet, dans dix ans, de reprendre le seul soubassement sans remonter d'échafaudage sur toute la hauteur.
À cela s'ajoute, quand c'est possible, un caniveau ou une bande de gravier drainante en pied de mur qui limite le rejaillissement. Quelques centaines d'euros de terrassement qui font gagner des années à l'enduit.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire
Le réflexe courant, face à un pied de mur humide, consiste à l'imperméabiliser : enduit ciment étanche, peinture filmogène, résine. C'est exactement l'inverse de ce qu'il faut.
L'eau qui monte dans le mur doit sortir quelque part. Si on lui ferme la façade, elle monte plus haut pour trouver une issue, et le problème réapparaît soixante centimètres au-dessus de la réparation — souvent avec des dégâts plus importants, parce qu'elle traverse alors des zones qui n'avaient jamais souffert. On voit régulièrement des maisons où trois campagnes successives d'imperméabilisation ont fait grimper l'humidité jusqu'au premier étage.
Une vingtaine de kilomètres de Lavaur
Le bourg est à une vingtaine de kilomètres de notre atelier, en descendant la vallée de l'Agout. Sur ces chantiers, nous prévoyons systématiquement un temps de séchage plus long que la moyenne : un mur humide ne reçoit pas d'enduit tant qu'il n'a pas séché, et la précipitation est ici la première cause d'échec.
Les principes généraux détaillés dans notre article sur le ravalement de façade s'appliquent, avec cette contrainte d'humidité en plus. Quand la toiture est également fatiguée, il est plus économique de coupler avec une rénovation de toiture — l'eau qui déborde d'un chéneau abîme la façade neuve en deux hivers.
Pied de mur qui s'effrite, enduit qui cloque en bas et tient en haut ? Nous mesurons l'humidité avant de proposer quoi que ce soit.
Voir nos travaux de façade et d'étanchéitéPour conclure
À Saint-Paul-Cap-de-Joux, un ravalement se juge à ce qu'il laisse respirer. Le bon réflexe est contre-intuitif : face à l'humidité, on ouvre le mur au lieu de le fermer. Un soubassement traité séparément, une bande drainante au pied et un enduit perspirant tiennent trente ans dans ce bourg — là où l'étanchéité à tout prix ne passe pas trois hivers.